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Dans ce travail, je ne photographie rien qui relève de lévénement, de lextraordinaire, voire de l anecdotique. Peu de sujets peuplent ces images : objets ou personnes, ils sont pour la plupart isolés, perdus dans un moment de silence. Les paysages se chargent dentrecouper ces rêveries solitaires, comme pour leur proposer un nouveau décor.
Le voyage, la mobilité et limmobilité se confondent, prétextes à toute contemplation.
Il sagit-là de donner à voir la moindre fissure du réel, sa moindre fêlure qui laisserait percevoir linnatendu, sa fragilité.
Le médium photographique maide à rassembler ces instants où la gravité de la rêverie a sa place.
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[...] Lunivers de Céline Clanet repose sur la volonté de mettre en forme un dialogue entre la femme et la nature. Lorsque se glisse chez elle le motif symbolique de la voiture (ce trivial objet synonyme de la femme elle-même, croyons-le), elle est abandonnée, en hivernage, lobjet est isolé comme le corps des femmes est plongé dans une méditation. État contemplatif sur lequel lartiste ne cesse dinsister en établissant un rapprochement entre la femme et lespace de la maison, de la forêt, de la mer et finalement du trophée mâle que nul na conquis (les cornes délan abandonnées) et qui pourrissent sans avoir livré de combat.
La femme, quon devine âgée, se détourne de cet improbable attribut de séduction comme elle se détournerait dun passé douloureux.
Céline Clanet nest pas de celle qui abandonne le fil des métaphores : si la forêt est désormais habitée, elle laisse voir en son sein la biche vivante qui nous regarde, le corps raidi comme surpris par le chasseur dont elle reste hors de portée. [...]
Michel POIVERT, "Linconscient prosaïque ou le goût des cadavres exquis"
Préface du livre "Un mince vernis de réalité", Ed. Filigranes.
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