Cette série donne à voir les portraits et les lieux de vie de plusieurs personnes retraitées habitant le même quartier de Cognin (Savoie), et s’étant tous installés dans ce dernier à partir des années 1950.
Associés pour chacun à une courte phrase extraite d’entretiens, ces portraits sont accompagnés de gestes et/ou de vues d’intérieurs, et sont montés en triptyques. La série comprend également plusieurs intérieurs présentés de façon individuelle.

Certains parlent de leurs souvenirs, d’autres de leurs occupations quotidiennes : j'ai voulu mettre en évidence quelques éléments qui paraissent anodins mais qui sont pourtant part entière de la vieillesse de cette génération (celle de ma grand-mère) née dans les années 1920-1930.
Les intérieurs domestiques révèlent les «strates» des différentes époques d’habitation : l’accumulation des années 50, 60, 70, 80 et 90 fait de ces endroits des tableaux singuliers, des palimpsestes uniques, en constante évolution, qui ont commencé leur écriture à l’arrivée des occupants et la terminera à leur mort.

C’est l’enregistrement de ces vies, la sauvegarde d’une mémoire individuelle et collective portée à disparaître qui a motivé la réalisation de ce travail.

     



MARCEL
« C’est surtout les avis de décès que je lis en premier : on s’est déjà trouvés pris à tomber sur une mauvaise nouvelle... De toute façon, je l’épluche de haut en bas, sur tout quand il pleut. Sinon, je sors me promener. »




GASTON
« Quand on s’est rencontré La pépée et moi, c’était en janvier 39, elle avait 17 ans et 5 mois. Elle est toujours aussi belle. »






MARIE-THERESE
« Ils sont tous différents, ça me détend. Celui-ci nous l’avons fini ensemble, mon mari et moi : une belle vue aérienne de Los Angeles.»






ELISABETH
« J'ai toujours aimé la musique. Manque de pot, j'en n'ai jamais fait.
Je joue à ma façon, c'est reposant. »






ANTOINETTE
« Au tricot, je fais des choses simples, de la déco, et j’aime bien m’appliquer. Quand ça ne me convient pas, je défais et je recommence. Je sais que si je veux, j’y arrive. Mais je tricote de moins en moins à cause de mon dos... »




IRENE
« Oh, vous savez... ça fait bien longtemps déjà. »







GASTON
« Mes cigarettes, je sais que c'est mon gros défaut. Ma femme me les cache dans la maison, mais j'ai trouvé où... »






ELISABETH
« Je m’attache à tout, c’est la passion des choses : tous ces petits machins je les coupe, je les colle, j’aime bien les teintes et les personnages. Je les selectionne, j’en ai déjà collé beaucoup. »